﻿{"id":412,"date":"2016-05-26T12:02:00","date_gmt":"2016-05-26T10:02:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/cheminots-pourquoi-tant-de-greve\/"},"modified":"2016-05-26T12:02:00","modified_gmt":"2016-05-26T10:02:00","slug":"cheminots-pourquoi-tant-de-greve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/cheminots-pourquoi-tant-de-greve\/","title":{"rendered":"Cheminots: pourquoi tant de gr\u00e8ve ?"},"content":{"rendered":"<!--Ads0--><div>\n<header>\n<div>\n<div><a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/france\/2016\/05\/24\/cheminots-pourquoi-tant-de-greve_1454948?xtor=EPR-450206&amp;utm_source=newsletter&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=quot\"> <img src=\"http:\/\/s1.libe.com\/newsite\/images\/logo-libe.svg\" alt=\"Lib\u00e9ration\" height=\"42\" \/> <\/a><\/div>\n<div><span>Par <span> <a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/8100-richard-poirot\"><span>Richard Poirot<\/span><\/a> <\/span> <\/span> &mdash; <span> <time datetime=\"2016-05-24T20:21:21\">24 mai 2016 &agrave; 20:21<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/france\/2016\/05\/24\/cheminots-pourquoi-tant-de-greve_1454948?xtor=EPR-450206&amp;utm_source=newsletter&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=quot\"> Cheminots: pourquoi tant de gr&egrave;ve ?<\/a><\/time> <\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/header>\n<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<div><img loading=\"lazy\" class=\"viewer-item-image\" src=\"http:\/\/md1.libe.com\/photo\/879182-blocage-st-lazare-cheminots-paris-18-05-2016-8jpg.jpg?modified_at=1464114380&amp;width=960\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"463\" \/><span>Gare Saint Lazare, &agrave; Paris, lors d&rsquo;une action contre le loi travail, le 18 mai.<\/span> <span>Photo Pierre Gautheron<\/span><\/div>\n<h2>En arr&ecirc;t de travail depuis ce mardi soir, les&nbsp;conducteurs de train tentent d&rsquo;inscrire leurs&nbsp;acquis dans la convention collective en discussion avant l&rsquo;ouverture &agrave; la concurrence.<\/h2>\n<div>\n<p>C&rsquo;&eacute;tait dans le train Coulommiers-Paris, mardi matin. Le conducteur est un jovial, connu des habitu&eacute;s. Au micro, il anime les rames : <em>&laquo;Aujourd&rsquo;hui, nous souhaitons bonne f&ecirc;te &agrave; tous les Didier et un bon anniversaire &agrave; ceux qui sont n&eacute;s aujourd&rsquo;hui, le m&ecirc;me jour que Fran&ccedil;ois Feldman, Alexandre Debanne et Rubens Barrichello.&raquo;<\/em> Il poursuit l&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&eacute;ride, les gens sourient. Puis il annonce la douloureuse : <em>&laquo;Voici les trains pour le retour, ce soir.&raquo;<\/em> Il &eacute;gr&egrave;ne les horaires, un train sur deux, et le dernier &agrave;&nbsp;22 h 16. Les gens notent. <em>&laquo;Malheureusement&raquo;<\/em>, la grogne va continuer, dit-il sur un ton plus grave. Il bafouille : pas de bousculade en sortant s&rsquo;il vous pla&icirc;t, respectez votre voisin et il vous respectera,&nbsp;etc. Gare de l&rsquo;Est, il se tient &agrave; la porti&egrave;re de la motrice, des passag&egrave;res viennent rigoler avec lui. Objectif &laquo;paix sociale&raquo; atteint.<\/p>\n<p>Tous les trajets &#8211; quand il y a des trains &#8211; ne se passent pas aussi bien. Les usagers r&acirc;lent, postent des photos d&rsquo;eux entass&eacute;s et assis par terre, entre les si&egrave;ges. Le mouvement se poursuit, &agrave; l&rsquo;appel des syndicats CGT et SUD. Le premier appelle au d&eacute;brayage tous les mercredis et jeudis, le second pousse &agrave; la gr&egrave;ve tous les jours jusqu&rsquo;au&nbsp;11&nbsp;juillet, lendemain de la finale de l&rsquo;Euro&nbsp;2016. Quant &agrave; la CFDT et Unsa, ils ont pos&eacute; un pr&eacute;avis pour le&nbsp;31&nbsp;mai &#8211; auquel vient de se raccrocher la&nbsp;CGT. Une date pas choisie au hasard. Les n&eacute;gociations entre le patronat du rail et les repr&eacute;sentants syndicaux sont dans leur phase finale. Des discussions tendues qui aboutiront &agrave; une refondation du secteur ferroviaire. <em>&laquo;Nous sommes en train de faire quelque chose qui ne s&rsquo;est jamais fait en France&raquo;<\/em>, expliquait Guillaume Pepy en avril. Au programme : la refonte de l&rsquo;organisation du temps de travail de jour comme de nuit, le nombre de jours de repos, les amplitudes horaires&hellip; Tout est remis &agrave; plat. Retour sur les raisons d&rsquo;un chamboulement.<\/p>\n<h3>La concurrence, trouble-f&ecirc;te social ?<\/h3>\n<p>Comme souvent, l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment d&eacute;clencheur vient de Bruxelles. Les r&egrave;gles communautaires imposent l&rsquo;ouverture &agrave; la concurrence dans le transport ferroviaire, dans tous les pays de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. La France s&rsquo;y est pli&eacute;e : le transport du fret depuis&nbsp;2003, le transport international de passagers depuis&nbsp;2009. Derni&egrave;re &eacute;tape de cette lib&eacute;ralisation, le transport ferr&eacute; national : en&nbsp;2020 pour les TGV et en&nbsp;2023 pour les trains express r&eacute;gionaux (TER) et les TET (ex-Intercit&eacute;s). Bien que des d&eacute;rogations pr&eacute;voient dans certains cas de repousser l&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance, les Fran&ccedil;ais pourront emprunter des trains autres que ceux de la SNCF &agrave; partir de ces dates.<\/p>\n<p>Mais cette concurrence qui s&rsquo;annonce se heurte &agrave; un obstacle : il n&rsquo;y a pas de r&eacute;glementation sociale unifi&eacute;e pour le transport ferroviaire en France. Depuis 1940, le temps de travail au sein de la SNCF et son organisation sont ainsi fix&eacute;s par d&eacute;cret. Le dernier date de&nbsp;1999, il d&eacute;finit les conditions de travail des cheminots &#8211; travail de nuit, temps de repos entre deux services, jours de repos annuels, temps maximum de conduite, astreintes,&nbsp;etc. &#8211; appliqu&eacute;es aujourd&rsquo;hui au sein du groupe public.<\/p>\n<p>Ce document, le RH0077, fait figure de bible pour les syndicats, une somme d&rsquo;acquis sociaux obtenus apr&egrave;s des ann&eacute;es de lutte et de n&eacute;gociations. Or, ce RH0077 va bient&ocirc;t passer &agrave; la d&eacute;chiqueteuse. Remplac&eacute; par quoi ? C&rsquo;est tout le d&eacute;bat.<\/p>\n<h3>Que contiennent les projets qui f&acirc;chent ?<\/h3>\n<p>Trois textes sont en pr&eacute;paration, o&ugrave; chacune des parties n&eacute;gocie pied &agrave; pied tous les th&egrave;mes, les uns pour obtenir davantage de flexibilit&eacute;, les autres pour imposer un mieux-disant social &agrave; l&rsquo;ensemble de la profession. Premier texte, un d&eacute;cret-socle. Il fixe la r&eacute;glementation, le minimum de protection que peuvent revendiquer les salari&eacute;s de la branche, le maximum de ce que les employeurs peuvent leur demander. Ce d&eacute;cret vient corriger une aberration &agrave; la fran&ccedil;aise. Alors que le fonctionnement de la SNCF, fret compris, repose sur le RH0077, les op&eacute;rateurs priv&eacute;s de fret b&eacute;n&eacute;ficient d&rsquo;un deuxi&egrave;me d&eacute;cret datant de&nbsp;2010. Avec des distorsions de concurrence b&eacute;antes. Les agents roulants SNCF jouissent de 126&nbsp;jours de repos annuels (les &eacute;quivalents week-end, plus les repos compensatoires propres aux conditions de travail, hors cong&eacute;s pay&eacute;s). En face, les confr&egrave;res n&rsquo;en ont que&nbsp;104. Le d&eacute;cret-socle &eacute;galise tout &ccedil;a : 111&nbsp;jours de repos pour les s&eacute;dentaires et&nbsp;115 pour les roulants. Ce texte, valid&eacute; par le gouvernement en f&eacute;vrier, est en cours de validation au Conseil d&rsquo;Etat. Les syndicats ne se battent plus trop dessus, leur attention se porte davantage sur les deux autres, les plus sensibles.<\/p>\n<p>Notamment sur la convention collective. C&rsquo;est une expression nouvelle dans le lexique SNCF. Ce texte, qui s&rsquo;appliquera &agrave; l&rsquo;ensemble des concurrents du rail, fait partie des points d&rsquo;achoppement qui expliquent la gr&egrave;ve actuelle. Les syndicats se battent pour que cette convention soit la mieux-disante possible afin d&rsquo;&eacute;viter tout dumping social. En face, l&rsquo;UTP, mandat&eacute; par les op&eacute;rateurs &#8211; SNCF compris &#8211; est surtout soucieuse de s&rsquo;&eacute;loigner le moins possible du d&eacute;cret-socle et de ses r&egrave;gles a minima. Apr&egrave;s des premi&egrave;res discussions houleuses en avril, des postures outr&eacute;es, des points de convergence sont trouv&eacute;s, <em>&laquo;mais les n&eacute;gociations continuent&raquo;<\/em>, assure Didier Aubert, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la CFDT&nbsp;Cheminots. Le danger pour les syndicats est d&rsquo;aboutir &agrave; une convention collective qui soit trop &eacute;loign&eacute;e de l&rsquo;accord d&rsquo;entreprise &#8211; troisi&egrave;me texte en discussion sur lequel de gros d&eacute;saccords demeurent aussi. Car si l&rsquo;&eacute;cart est trop important entre ces deux statuts, la distorsion de concurrence rendra <em>&laquo;le futur accord d&rsquo;entreprise intenable dans le temps&raquo;<\/em>, pointe Gilbert Garrel, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la CGT Cheminots.<\/p>\n<h3>Quelles positions d&eacute;fendent direction et&nbsp;syndicats ?<\/h3>\n<p>La direction de la SNCF a un objectif en t&ecirc;te : r&eacute;duire la diff&eacute;rence de productivit&eacute; avec la concurrence &#8211; qui serait, selon elle, de&nbsp;20 % &#8211; et ainsi pouvoir lutter contre les op&eacute;rateurs priv&eacute;s. Guillaume Pepy clame que le statut de cheminots est pr&eacute;serv&eacute;, que la grille salariale est conserv&eacute;e, que les facilit&eacute;s de circulations r&eacute;serv&eacute;es aux familles d&rsquo;agents sont maintenues. Mais qu&rsquo;il faut aussi <em>&laquo;ren&eacute;gocier la fa&ccedil;on de faire les&nbsp;35&nbsp;heures et remettre &agrave; plat l&rsquo;organisation du travail&raquo;<\/em>.<\/p>\n<p>En l&rsquo;&eacute;tat des discussions, la SNCF estime que l&rsquo;&eacute;cart de productivit&eacute; serait ramen&eacute; &agrave;&nbsp;9 % gr&acirc;ce &agrave; la convention collective. Mais ce n&rsquo;est pas assez &agrave; ses yeux ; le diff&eacute;rentiel doit plafonner &agrave;&nbsp;6 ou 7 %, comme c&rsquo;est le cas en Allemagne o&ugrave; l&rsquo;op&eacute;rateur historique, la Deutsche&nbsp;Bahn, a su garder son trafic. Ce delta, elle esp&egrave;re l&rsquo;obtenir au sein de l&rsquo;accord d&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Mais les syndicats ne l&rsquo;entendent pas de cette oreille. <em>&laquo;On n&rsquo;a jamais compris comment ils ont calcul&eacute; ces&nbsp;20 %&raquo;<\/em>, d&eacute;nonce Didier Aubert. Son homologue Gilbert Garrel critique des discussions de marchand de tapis : <em>&laquo;Dans un Paris-Marseille &agrave;&nbsp;100&nbsp;euros, le co&ucirc;t en personnel, c&rsquo;est 6 % du prix du billet. M&ecirc;me si on r&eacute;duit cette part de 30 %, vous allez gagner&nbsp;2&nbsp;euros !&raquo;<\/em> Un point d&rsquo;achoppement qui illustre les d&eacute;bats en cours : le&nbsp;19\/6. Cette r&egrave;gle fixe l&rsquo;heure limite (19&nbsp;heures) jusqu&rsquo;&agrave; laquelle peut travailler un agent la veille de son repos. Et d&eacute;termine l&rsquo;heure minimale &agrave; laquelle il peut reprendre son travail apr&egrave;s ses cong&eacute;s, soit pas avant&nbsp;6&nbsp;heures du matin. La direction souhaite apporter de la souplesse &agrave; cette r&egrave;gle, autoriser des d&eacute;bords de deux heures de temps &agrave; autre, pour certains m&eacute;tiers. <em>&laquo;Cela permet de mieux optimiser les roulements, c&rsquo;est un levier important de comp&eacute;titivit&eacute; pour nous&raquo;<\/em>, dit-on &agrave; la direction. Car en cas de retard d&rsquo;un train au-del&agrave; de&nbsp;19&nbsp;heures, si le cheminot &eacute;tait &agrave; la veille d&rsquo;un repos, alors celui-ci sera prolong&eacute; d&rsquo;un jour. Les syndicats, eux, n&rsquo;ont aucune d&rsquo;intention de c&eacute;der. <em>&laquo;Si on vous fait terminer &agrave;&nbsp;22&nbsp;heures, la vie sociale, c&rsquo;est fini,<\/em> poursuit Didier Aubert. <em>Chez les roulants, il y a un taux de divorce &eacute;norme, de d&eacute;socialisation. C&rsquo;est pas Germinal que je vous raconte, mais &agrave; cause de leurs horaires, des jours travaill&eacute;s le dimanche, ils ne peuvent pas participer &agrave; une activit&eacute; sportive ou associative. Alors le&nbsp;19\/6, pour eux, &ccedil;a n&rsquo;a pas de prix.&raquo;<\/em><\/p>\n<h3>La gr&egrave;ve, et apr&egrave;s ?<\/h3>\n<p>La direction de la SNCF pr&eacute;voit mercredi et jeudi un trafic <em>&laquo;perturb&eacute;&raquo;<\/em> mais <em>&laquo;moins que la semaine derni&egrave;re&raquo;<\/em>, avec 3&nbsp;TGV sur&nbsp;4, 4&nbsp;RER sur&nbsp;5 en circulation en r&eacute;gion parisienne et en province, 2&nbsp;TER sur&nbsp;3 et 6&nbsp;Intercit&eacute;s sur&nbsp;10. Les n&eacute;gociations, pour la convention et l&rsquo;accord d&rsquo;entreprise, doivent quant &agrave; elles se terminer &agrave; la fin de la semaine. Si elles capotent, le conflit pourrait vite se poursuivre dans le bureau d&rsquo;Alain Vidalies, secr&eacute;taire d&rsquo;Etat aux Transports, le gouvernement n&rsquo;ayant aucune envie de voir la gr&egrave;ve durer encore.<\/p>\n<p>  <span> <span> <a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/auteur\/8100-richard-poirot\">Richard Poirot <\/a> <\/span> <\/span><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Richard Poirot &mdash; 24 mai 2016 &agrave; 20:21 Cheminots: pourquoi tant de gr&egrave;ve ? &nbsp; Gare Saint Lazare, &agrave; Paris, lors d&rsquo;une action contre&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/412"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=412"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/412\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=412"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=412"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.paris-chartres.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=412"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}