Blog Le Monde : Nice-Monaco : bienvenue dans le RER avec vue sur mer

Nice-Monaco : bienvenue dans le RER avec vue sur mer

Entre mer et montagne. © Olivier RazemonLe RER aux heures de pointe, mais avec vue sur mer. Les passagers qui empruntent tous les jours la ligne Cannes-Nice-Monaco-Vintimille subissent eux aussi la promiscuité, les retards, les incidents techniques, l’affichage déficient, les lacunes de l’information, les pannes de signalisation et, à l’occasion, les grèves. Autrefois appelé Metrazur (pour métro de la Côte d’Azur), l’omnibus qui parcourt la Riviera dessert les principaux pôles d’attraction de l’agglomération niçoise, les villes de Cannes ou Menton et la principauté de Monaco. Ce n’est pas pour visiter le musée océanographique ni pour assister à la relève de la garde que des milliers d’habitants des Alpes-Maritimes se rendent chaque jour dans le petit État princier. Non, ils y travaillent.

Un train tous les quarts d'heure. Monaco, 36000 habitants et seulement 7800Le port de Monte-Carlo. © Olivier Razemonnationaux, ne vit pas en autarcie. 32 000 Français, ainsi que 4000 Italiens, font fonctionner les restaurants, les bureaux, les boutiques de luxe, les centres commerciaux ouverts tous les jours, y compris le dimanche, les bureaux d’études et les diverses structures à caractère financier qui ont élu domicile dans le micro-Etat. L’accès par la route, limité à une sortie de l’autoroute A8 et aux diverses corniches qui parcourent la côte, n’est pas des plus aisé, souvent embouteillé. Reste le train. Le matin, entre 7h30 et 9h30, un convoi débarque en gare tous les quarts d’heure. Autant dire que la ligne SNCF est vitale pour l’économie monégasque.

Mais, exactement comme dans le RER, la surcharge et la vétusté imposent parfois des travaux qui retardent le trafic et modifient les horaires. Ainsi, depuis la fin septembre, et jusqu’en avril, les trains ne circulent plus que sur une seule voie. Le tunnel ferroviaire qui traverse la Principauté connaît en effet des travaux de réfection, qui s’interrompront au printemps avant de reprendre à l’automne suivant, en 2014. Dimanche 17 novembre, aucun train ne circulait sur la ligne.

Eze-sur-Mer, entre Nice et Monaco. © Olivier RazemonLa Principauté courroucée. Les travaux n’expliquent pas tout. En octobre, une panne électrique entre Cannes et Nice a perturbé la circulation en direction de la principauté, comme le rapportent Nice-Matin et 20 minutes. La SNCF ? "Toujours un train de retard", sermonne Monaco Hebdo, le magazine de la principauté, dans un article consacré à "l’enfer du décor". La situation inquiète aussi leMonaco Times, publication destinée aux Monégasques anglophones. La presse du petit et richissime État regarde d'un œil sévère les dysfonctionnements du grand voisin désorganisé.

Maillots de bain. Les voyageurs ne disent pas le contraire. Sur leur blog, les"naufragés du TER Grasse-Vintimille" dénoncent les "foutages de gueule" et ont le sentiment, comme beaucoup d'habitués du TER (lire ici), que la SNCF privilégie les TGV. Ils savent aussi que les mois d’été sont particulièrement pénibles, lorsqu’aux frontaliers s’ajoutent les touristes en maillot de bain et sac de plage. Les rames sont climatisées mais les voyageurs, peau moite contre peau moite, sont parfois aspergés par l’eau qui s'échappe des climatiseurs. Et bien sûr, le sud-est de la France n’est pas épargné par les grèves, comme en octobre 2011, relève encoreMonaco Hebdo.

Les rames aux couleurs de la Principaute. © Olivier Razemon5 rames aux couleurs princières. La Principauté, consciente de l’importance stratégique de cette ligne de chemin de fer, ne lésine pas sur les moyens. En 2006, le micro-Etat avait acheté 5 rames de TERpour un montant de 50 millions d’euros, les a fait peindre à ses couleurs, rouge et blanc, avant de les donner à la SNCF

Vue sur mer. © Olivier RazemonMais cela ne suffit pas. La construction d’une troisième voie de chemin de fer, en cours entre Cannes et Nice, semble difficile plus à l'est, entre Nice et la frontière italienne, là où les rails sont littéralement coincés entre la mer et la montagne, lorsqu'ils ne passent pas dans un tunnel. Il y a quelques années, le palais princier, furieux du sort malheureux réservé aux salariés qui font vivre la Principauté,laissait filtrer une menace : si le service ferroviaire ne s'améliore pas, l’État pourrait  profiter de l’ouverture du marché européen pour confier un marché à un concurrent de la SNCF.

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