Dispariton des Corail : un point sur la rumeur…

Nous vous avons récemment fait état d’une pétition qui a circulé afin de protester contre l’éventuelle disparition de notre lignes des rames Corail.

En fait, à ce jour, il est difficile de savoir de quoi il retourne tant les informations contradictoires se bousculent.

Actuellement, les rames Corail n’assurent principalement que les missions dites express entre Paris et Le Mans (exception faite du 7:25 dont le départ est de Chartres vers Paris).

Si le retrait est envisagé, c’est à cause du principal inconvénient d’une rame de Corail : être tractée par une locomotive. Si cela parait anodin, ce n’est pas sans conséquence, et nous allons les détailler point par point.

  • matériels multiples à entretenir (les voitures voyageurs d’une part, les motrices de l’autre). Bien souvent, du fait que la SNCF soit très segmentée, chaque type de matériel ira dans un endroit différent, ce qui est loin d’être performant au niveau de l’organisation.
  • problème de conduite. Idéales pour de long voyages (sur de grandes distances), les rames tractées sont peu propices à de courtes missions. En effet, les voitures sont relativement indépendantes de leur motrice, et ne partagent que le freinage. L’accélération ne se fait qu’au niveau de la locomotive, ce qui oblige cette dernière à être puissante et bien entretenue.
  • non-réversibilité. En bout de ligne (comme à Montparnasse), pour que la rame puisse repartir en sens inverse, il est nécessaire de décrocher la locomotive avec laquelle elle est arrivée en gare, puis d’en atteler une nouvelle à l’autre extrémité pour qu’elle puisse repartir. Or avec la mise en place du cadencement qui arrive, cette lourde manoeuvre nuit à la régularité de la ligne (puisque idéalement, les trains qui arrivent doivent très vite repartir).
  • cout financier. La SNCF ne se cache plus de rechercher la rentabilité à tout prix. Hors, dans une gare comme Montparnasse, les rames Corail du TER Centre sont pratiquement les derniers matériels roulants non-réversibles. Pourtant, leur utilisation oblige la SNCF a conservé une équipe d’agents en gare pour effectuer la manoeuvre expliquée dans le précédent paragraphe.
Pour toutes ses raisons, la SNCF fait le forcing pour se débarrasser des ces derniers vestiges d’une époque où rouler sur rail était signe de plaisir et de confort. Les régions (dont la région Centre) sont donc invitées à ne s’équiper que de matériels automoteurs.

Toutefois, se pose maintenant la question du remplacement des Corail. Actuellement, le matériel roulant sur la ligne est sur-exploité. Pour preuve, il suffit d’aléas climatiques ou de problème de maintenance sur certains trains pour que les vieilles Z5300 (les rames inox) reviennent !
Donc, par quoi vont être remplacées les 3 ou 4 rames de Corail, puisque qu’il ne semble plus y avoir de matériel à disposition ?
Soit la région Centre devra acquérir de nouveaux matériels, soit, comme par le passé, notre ligne deviendra le dépotoir d’autres régions (en particulier Ile-de-France), en accueillant les vieux engins que personne ne veut (c’est pour cette raison que nous avons hérité des rames inox ou des VO2N provenant de la banlieue parisienne).
Mais sur la ligne TER la plus fréquentée de France, et qui est certifiée NF, Centre et SNCF peuvent-ils faire n’importe quoi ?

Et si la solution passait par l’acquisition des voitures pilotes ? A l’image des RIO88, ou VO2N, il suffirait d’équiper les rames de Corail d’une telle voiture afin de se libérer de la contrainte de la réversibilité. D’autres régions (Alsace, PACA, etc…) l’ont fait, alors pour la région Centre, région pilote dans le domaine du TER, cela doit être envisageable !

Espérons le…

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