35 milliards pour révolutionner les transports

Les plus grands travaux d’infrastructure en Ile-de-France depuis la création du RER dans les années 1960 devraient durer dix ans, à compter de 2012.

Donner un port à Paris et transformer la capitale en ville «polycentrique». Les annonces de Nicolas Sarkozy peuvent se résumer en ces deux idées-forces et lancent les plus grands travaux d’infrastructure jamais engagés en Ile-de-France.

Première révolution : Paris aura son port à l’instar des grandes capitales mondiales. «Le Havre, c’est le port du Grand Paris, et la Seine est l’axe nourricier autour duquel la métropole a vocation à s’ordonner», a expliqué mercredi le président de la République. La réalisation du canal Seine-Nord associée à un nouveau TGV vers Le Havre devrait rapprocher Paris de son port et renforcer les échanges de la France avec l’Europe du Nord. Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit d’éviter que le développement économique de Londres à Milan «ne prenne la France en écharpe par l’est».

La seconde révolution, le projet Blanc de 140 kilomètres de métro automatique autour de Paris, a également été officialisée. Cette ligne finalement «aérienne» connectera entre eux les aéroports de Roissy et d’Orly et permettra aux Franciliens de traverser l’Ile-de-France sans transiter par le centre de Paris.

Les projets associés à ce réseau en huit ont à chaque fois un double effet : connecter davantage d’habitants à de nouvelles lignes et décharger celles déjà existantes et souvent saturées.

Le prolongement du RER E jusqu’à la Défense puis Mantes-la-Jolie va soulager le RER A. Les habitants de l’Est parisien iront jusqu’à la Défense sans prendre le RER A, tandis que les habitants de l’Ouest et du Nord-Ouest pourront arriver directement au cœur de Paris. Une manière également de désengorger la gare Saint-Lazare devenue emblématique de la saturation du réseau francilien.

Partenariat public-privé

La même philosophie anime le projet de ligne TGV entre Orly et Roissy. Celle-ci va connecter directement le réseau TGV nord vers Lille, est vers Strasbourg et sud vers Lyon, au réseau ouest à destination de Nantes et de Bordeaux. Aujourd’hui, les TGV empruntent des voies communes aux trains de fret et au RER. Embouteillage et retard garantis. La fin de cette coexistence va permettre de décongestionner le RER C, dont la fréquence passera à terme de 2 à 12 trains par heure.

Le président de la République a repris à son compte les projets chers à la SNCF de tangentielles nord et ouest, deux lignes de train interbanlieues. Il a également confirmé la création d’une liaison rapide entre l’aéroport de Roissy et le cœur de Paris (CDG Express). Une annonce a dû aussi faire tendre l’oreille aux cheminots de la SNCF et aux agents RATP : «Il faut que les transports en commun fonctionnent la nuit.» Pour l’heure, ni la SNCF ni la RATP n’ont souhaité s’exprimer sur ce sujet. Aucun engagement en revanche n’a été pris pour une liaison directe entre Montparnasse et Saint-Lazare mais une «réflexion» va être lancée.

L’ensemble de ces travaux devrait coûter 35 milliards d’euros. Nicolas Sarkozy a indiqué que nombre de ces projets étaient rentables et feraient l’objet d’un partenariat entre le public et le privé. Selon lui, il va falloir dix ans pour réaliser ces travaux qui commenceront en 2012. Une loi fixant les modalités de la maîtrise d’ouvrage et les moyens de financement sera votée à l’automne. Un nouvel établissement public devrait même être créé. Si les engagements présidentiels sont tenus, jamais de tels projets d’infrastructure ne seront sortis de terre aussi rapidement.

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