Quand la vérité blesse : 25 millions de ménages paient chaque année une taxe spéciale d’environ 100 euros pour plus que doubler la retraite perçue par 300.000 cheminots » Communiqué de l’institut Hayek, 19 septembre 2006, 8.28

SNCF, le grand racket

Il n'est pas inutile de rappeler les caractéristiques actuelles de la retraite des personnels de la SNCF :

– retraite à 55 ans pour l'ensemble du personnel, et à 50 ans pour les conducteurs de locomotives. (régime général: 60 ans minimum)
– Retraite complète, à 75 % du dernier salaire (6 derniers mois), pour 37 ans _ d'activité. Les conducteurs bénéficient de « bonifications de service » qui écourtent notablement cette durée d'activité (25 années de service peuvent suffire) et/ou permettent d'aller bien au-delà des 75 % (jusqu'à 90%). (régime général: 50% de la moyenne des salaires des 25 meilleures années, après 42 ans de cotisations).
– Pour les retraités de moins de 60 ans, possibilité de cumuler un autre salaire avec la pension, sans limitation.
– Indexation des pensions sur les salaires des cheminots actifs (et non sur l'indice des prix) ;

Les conséquences de ce système sont bien connues : on compte actuellement 175.000 actifs à la SNCF, pour 312.000 pensionnés. Bien entendu, il n'est pas possible d'assurer l'équilibre financier d'une retraite par répartition dans un tel contexte, et c'est l'état qui couvre le déficit. L'article 30 du décret 83-817 du 13 septembre 1963 portant application du cahier des charges de la SNCF met à la charge de l'état le comblement intégral du déficit du régime spécial de retraite, sans la moindre limitation ! Ainsi, la subvention d'équilibre prévue pour 2005 s'élevait à 2,515 milliards d'euros, cadeau de l'ensemble des contribuables aux retraités de la SNCF. (source : http://www.finances.gouv.fr/lolf/downloads/700_regimes_sociaux_retraite_transports_terrestres.pdf )

Le total des pensions versées s'établit à 4,4 milliards d'euros, mais cette somme ne serait donc que de 1,9 milliards si le système était auto-financé. Autrement dit, 25 millions de ménages paient chaque année une taxe spéciale d'environ 100 euros pour plus que doubler la retraite perçue par 300.000 cheminots ! Il est instructif de mettre ce chiffre en regard de la masse salariale, 7,7 milliards d'euros, et du montant des recettes de trafic (voyageurs + marchandises) qui s'élèvent à 8,35 milliards d'euros.

Outre la subvention gouvernementale d'équilibre, une énorme part patronale de 33,94 % des salaires est affectée à la seule prestation retraite, deux fois plus que dans le secteur privé. Ce sont les usagers captifs du monopole qui paient la douloureuse à chaque billet de train acheté.

Ajoutons que selon divers documents de source syndicale, il faut prévoir une explosion du nombre de départs à la retraite en 2007-2008, ce qui provoquera simultanément une baisse du nombre des cotisants, et une augmentation du nombre des pensionnés, et donc une forte augmentation de la subvention d'équilibre versée par l'état. Il est plus que temps d'arrêter l'hémorragie.

Voila donc ce régime spécial, privilège exorbitant, que la CGT-Cheminots veut maintenir coûte que coûte, au mépris de toute considération d'équité, de solidarité et de légalité.

Les pensions, et le reste…

Le dossier noir des comptes du chemin de fer ne se limite pas au seul aspect de la retraite de ses agents. Il s'y ajoute de semblables gabegies dans la gestion du système de prévoyance, lui aussi dérogatoire. S'y ajoutent les généreuses contributions de l'état et des collectivités territoriales au chiffre d'affaires de la SNCF et de RFF (Réseau Ferré de France, organisme public propriétaire des voies), les déficits d'exploitation récurrents des deux organismes… La SNCF peut compter sur l'attribution généreuse de 1,5 milliards ? de fonds publics au titre de sa mission de service public, et sur 2,5 milliards ? ponctionnés à RFF au titre de la maintenance des infrastructures, alors que la redevance payée par la SNCF à RFF pour l'utilisation du réseau est inférieure à 2,3 milliards. Comprenne qui pourra les raisons de ces allers retours comptables…

Au total, d'après le rapport du 8 juillet 2004 de la « mission parlementaire d'évaluation et de contrôle portant clarification des relations financières entre le réseau ferroviaire et ses partenaires publics » (http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i1725.asp ), ce sont 10,597 milliards de fonds publics qui ont été consacrés au transport ferré en 2003 (10,883 milliards estimés, en 2004), soit bien plus que les recettes de trafic de la SNCF, 20% du produit de l'impôt sur le revenu, un quart du déficit annuel de l'état, 400 euros par foyer, près de 3.000 Francs ! Et cela se reproduit chaque année.

Ce rapport pointe « des circuits de financement complexes, obscurs et incertains », « Des chiffres laborieusement convergents », « un endettement colossal », « le gouffre financier du fret », « l'impact financier des mouvements sociaux »… On y lit que « la dette globale du système ferroviaire n'a pas cessé de croître depuis 1997 passant de 35,45 milliards d'euros à 41,42 milliards d'euros courant au 31 décembre 2002 », que « au moins 50 % de la dette actuelle n'est pas remboursable dans un horizon de 30 ans par les seules recettes commerciales, y compris les subventions perçues pour l'exploitation du système ferroviaire ». Toute entreprise privée gérée ainsi aurait depuis longtemps mis la clé sous la porte. Si l'état était responsable, il aurait depuis longtemps déposé le bilan de la SNCF. Mais tant que le contribuable paie la facture sans broncher, pourquoi faire preuve de courage ?

Tout cela constitue un exemple parmi d'autres de la malfaisance de l'exploitation par l'état de toute activité économique. Les subventions dont profitent la SNCF et le RFF ne font que fausser la concurrence dans le secteur des transports, au détriment des transporteurs routiers. Ces subventions ne font que permettre à la SNCF de perdurer malgré une gestion durablement inepte. Elles ne permettent même pas à l'établissement public de remplir correctement sa mission de service public. Pour preuve, la banalisation de la violence dans les trains, les retards fréquents, la médiocrité de son activité fret, ou la difficulté d'initier une politique rail-route en raison principalement des réticences des transporteurs privés, rendus méfiants par le manque de fiabilité d'un partenaire dont le service est obéré par des grèves à répétition.

0 Replies to “Quand la vérité blesse : 25 millions de ménages paient chaque année une taxe spéciale d’environ 100 euros pour plus que doubler la retraite perçue par 300.000 cheminots » Communiqué de l’institut Hayek, 19 septembre 2006, 8.28”

  1. 1h15 pour la gestion d'un accident de personne, c'est de l'utopie!!! Parce que là, c'est un exercice prévu donc tout le monde est au courant que ça va avoir lieu donc on se prépare. Alors qu'en réalité, l'accident de personne a lieu, et l'OPJ, les pompiers, les pompes funèbres etc.. ne sont pas forcément dispo à l'heure H alors je préfère garder mon délai de 2 heures qui est plus dans la réalité sur ligne classique et de 3 à 4 h sur ligne TGV!!!
    mais bon, tous les ronds de cuirs de la SNCF et de la préfecture sont content, ils ont fait un exercice pour la com!!! On s'occupe de vous sauf que derrière il n'y a aucune formation aux risques ferroviaires pour tout les organismes intervenant sur l'accident de personne donc par précaution, on arrête tout!!!!
    Est ce que vous savez que les pompiers ne sont pas formés aux risques ferroviaires et en cas d'intervention sur les voies, ils ne savent pas ce qu'ils doivent faire vis à vis des circulations? (source pompier pro sortant de formation de base sans être averti des risques ferroviaires) Il en est de même pour le reste. Alors pour pallier le surincident, la SNCF arrête toutes les circulations. Rien à redire à cela.
    Par contre, si dans la formation de base des pompiers, des policiers, gendarmes etc… il y avait un module risque ferroviaire et les conduites à tenir avant intervention, on pourrait gagner de la souplesse au niveau de la procédure surtout une reprise plus rapide de la circulation sur les voies d'à coté. Sauf que ça coûte cher pour un gain de temps minime pour les grands décisionnaires.
    Et puis, reprendre la circulation alors qu'il y a un corps déchiqueté sur la voie peut heurter la sensibilité humaine.
    Alors, ils peuvent faire de grands gestes, cet incident reste malheureusement difficilement gérable car il y a tellement d'intervenants que forcément ça va coincer quelque part!!! Et la SNCF peut balayer chez elle devant la frilosité de certains de ses cadres pour imposer leur point de vue vis à vis du reste des intervenants.

  2. La substitute "Nous sommes prioritaire" . Oui. Et alors cela explique que vous avez mis 1h05 pour arriver et faire un travail de 9 minutes? Alors que les pompiers sont arrivés en 9 minutes.
    Et que c'était un exercice prévu.

  3. Sous réserve que les infos soient confirmées.

    Il y a 16 km entre Fontaine le Port et Moret sur Loin.
    Ce qui en train devrait donner 50 minutes.
    Et en voiture, pour un père tranquille, cela fait 25 mn.

    Le cheminot CIL a mis 45 minutes. Je voudrais bien savoir pourquoi.
    Nous sommes dans une situation ou il y a mort d'homme et mise en danger d'autrui. Annoncée.

    7 minutes après son arrivée il a laissé passer un train. Avant que la police arrive.
    Si il était arrivé plus tôt n'aurait-il pas pu laisser passer plus de trains?

  4. En fait , il y a 2 itinéraires possibles , l'un de 27 Km , l'autre de 19 Km , pour un temps équivalent(Via Michelin)!

    Que le CIL ait mis 45 mn pour venir au lieu d'un temps estimé de 25 mn ne me choque pas , puisque :
    – il était au travail
    – personne ne connait les conditions de circulations
    Il est effectivement le seul sur le terrain à pouvoir autoriser le passage d'un train , tant que l'OPJ n'est pas arrivé(de plus , c'était un exercice )

    L'absence du CIL ou de l'OPJ n'empêche pas les secours d'intervenir si la personne est encore en vie!
    De plus , il faut bien avoir à l'esprit que l'ordre d'arrivée des intervenants dépend des lieux et des activités de chacun !

    C'est pour cela que chaque accident de personne ne peut pas être traité de la même manière , avec des temps d'intervention courts !

    NB: les substituts ne se déplacent pas , ou très rarement , c'est le rôle des OPJ(ou Gendarmes)

    @anonyme de 16h46:
    La substitute était présente dès le début de l'exercice !

  5. " Je ne me suis pas rendu plus vite sur les lieux de l'accident parce que j'étais occupé"

    Ce genre d'excuse est valable à la sncf pour expliquer le délais d'intervention?
    Il s'agit d'un exercice avec "mort" d'homme et "mise en danger" de centaines d'autres. C'est un exercice pour optimiser la gestion de crise!
    45 minutes pour 20 km et comme explication: " c'est normal, il travaillait".
    Avec ce genre d'argument je ne vois pas comment on pourrait espérer une amélioration dans les délais de gestion de crise.

  6. Eh oui , le personnel a aussi un travail qu'il effectue , tout comme l'OPJ la police et les pompiers!
    Le CIL a aussi la responsabilité de tâches importantes en dehors des accidents de personne!

    "Il s'agit d'un exercice avec "mort" d'homme et "mise en danger" de centaines "
    Complètement faux !
    Sa présence est inutile pour l'organisation des secours !
    En son absence , c'est le personnel(le conducteur principalement) sur place qui s'occupe de diriger les autorités et les pompier ainsi que d'assurer leurs sécurité!

  7. CIL= chef d'accident local.

    Alors comme cela " sa présence est inutile pour l'organisation des secours" Voilà encore un chef qui ne sert à rien.

    Mais heureusement " c'est le conducteur, principalement, qui s'occupe de diriger les autorités et les pompiers"

    Donc ce serait toi, le conducteur, qui dirigerais les autorités et les pompiers?
    Est-ce que tu crois vraiment ce que tu écris?

  8. @anonyme de 17h49: Selon vous donc , les secours ne peuvent donc intervenir tant que le CIL n´ est pas présent.Raisonnement stupide.Si vous voulez critiquer apportez au moins de l´ intelligence!

  9. @23:24;

    Qui a écrit que les secours ne pouvaient pas intervenir tant que le CIL n'est pas présent? Ne parlez pas de raisonnement ou intelligence avant de savoir lire.
    Le CIL est le chef. Cette fonction a été crée pour satisfaire un manque un besoin. En cas d'absence ou retard du CIL les prises de décisions de la sncf se trouvent bloquées.
    par exemples pas de possibilités de remettre en marche les trains en marche lente. Les trains à distance sont bloqués. Les "bureaux" sncf ne font rien dans l'attente du CIL.

    Et ne dites pas que le conducteur qui vient d'éclater une personne en plusieurs morceaux qu'il voit est en état de prendre les meilleurs décisions. C'est n'importe quoi que de dire que c'est le conducteur traumatisé qui dirige les autorités.

  10. super mario-l

    Ah bon, cela fait partie de vos responsabilités de conducteur de , je cite, " de diriger les autorité et les pompiers"!!!
    Entre être acteur de la sécurité et diriger les autorité en situation de crise il y a peut-être une nuance.!!!
    Après que vous ayez écrasé un homme et que la question se pose sur vos responsabilité dans cette accident!

  11. @le troll:
    Lors d'un accident de personne , le conducteur assure ou fait assurer la protection de la zone concernée par les agents circulation ou le régulateur.
    Une fois la protection assurée , nous devons aller voir l'état de la personne , le lieu exacte où elle se trouve et parfois même la secourir en fonction de ses compétences!(ce n 'est pas toujours fatal)
    Lorsque les pompiers et la police arrivent , c'est bien nous qui les dirigeons , car nous sommes les seuls à connaitre les lieux et les mesures prises et connaitre les règles de sécurité en milieu ferroviaire!

    Nous nous entendons avec les intervenants pour savoir si ils ont besoin de mesures supplémentaires !
    Nous devons ensuite veiller à la garde des enregistrement de bord , jusqu'à l'arrivée de l'OPJ et du cadre d'astreinte traction!

    Les décisions de reprise partiel des circulations sont fonction des lieux et de l'accord des intervenants (pompier et OPJ)

    "Le CIL est le chef. Cette fonction a été crée pour satisfaire un manque un besoin. En cas d'absence ou retard du CIL les prises de décisions de la sncf se trouvent bloquées."

    Non , l'objectif du CIL est d'avoir un interlocuteur unique , qui est un relais entre la circulation des trains et les autorités sur place .

  12. C'est ça!

    Le CIL ne sert à rien! Il peut mettre 45 minutes pour faire 20 km.

    C'est juste le relais avec la circulation des trains. C'est rien du tout cela!
    Le vrai chef, comme toujours, c'est le conducteur. Le meilleurs des meilleurs.
    C'est jojo, ss, paulot, freshy, super mario, etc qui gérent et dirigent la crise.
    Et tout cela aprèes avoir, sans préparation ou formation, ramassé les morceaux humains.

    Et toute personne qui pourrait douter du bon sens des cheminots est traité de "troll".
    Dans un monde professionnel, les extraterrestres sont les cheminots. C'est incroyable qu'une crise avec "mort" d'homme et mise en danger d'autrui soit gérée comme cela.

  13. @le troll:
    Tu nas beaucoup de difficultés de compréhension !
    Le CIL est une fonction!
    Tant qu'il n'est pas arrivé sur les lieux , les secours s'adressent à nous !
    Le CIL est un interlocuteur UNIQUE entre les autorités (OPJ) et la gestion de la circulation des trains(régulateur)
    Il peut autoriser une reprise partielle ou totale de la circulation en accord avec l'OPJ (
    et les secours suivant les cas).
    DANS TOUS LES CAS , C' EST l' OPJ QUI A AUTORITE SUR PLACE !
    Personne n'a parlé ici de ramasser les morceaux , tu parts encore dans tes délires !
    Relis l'article et suis la chronologie des évennements !
    Les secours et les autorités s'adressent à nous pour l'intervention , surtout que les pompiers sont souvent les premiers sur les lieux !

    Tu n'arrives pas à assimiler l'organisation des secours en milieu ferroviaire , et donnes des leçons derrière ton écran sans même avoir vécu une situation à peine similaire !
    Regarde donc dans le dico le sens du mot diriger !

    Tu devrais suivre à la lettre les conseils de ton avocats !
    PS: Tu prétends qu'il y a les mauvais avocats et les bons avocats , mais tu n'as pas parler des clients !
    Financièrement , tu dois être un bon client , juridiquement , tu es le contraire!

  14. @super mario-l;

    Parce que toi tu es une référence en gestion de crise!
    Quelle légitimité tu as? Rien! Tu pousses seulement les manettes vers l'avant. C'est la seule compétence que les cheminots te reconnaissent.
    Aucune capacité d'analyse. Aucune capacité de hiérarchiser les arguments. Aucun savoir théorique digéré. Aucune expérience….
    TErminé.

  15. @le troll:
    Oui , je connais ces situations , cela fait partie de mon métier !
    Qui es tu pour prétendre mieux connaitre le métier des autres ?
    Tu fais la même chose avec ton avocat?
    C'est pour cela que tu lui es fidèle !
    Tes arguments ne sont qu'arguments de comptoir !
    Tu nous le prouves à chaque sujet ici et sur les autres blogs!
    Les informations se hiérarchisent , les arguments se justifient !

    Ne projettes pas tes incompétences sur les autres!

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